Description
Par (auteur) Bauer, Christoph; Par (auteur) Briau, Aude; Éditeur en chef Goerig-Hergott, Frédérique; Par (auteur) Ho, Gitta; Par (auteur) Mouchet, Erdmuthe; Par (auteur) Schlier, Daniel; Par (auteur) Schwarz, Birgit
– Otto Dix (1891-1969) est l’un des artistes allemands les plus importants du XXe siècle, et pourtant il reste encore très peu représenté dans les collections publiques françaises. Une rétrospective de son œuvre a eu lieu en 1972 au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, mais il a fallu attendre la fin des années 1980 et les années 1990 pour que de nouvelles expositions monographiques lui soient consacrées en France.
Dès 1996, une exposition organisée à Colmar évoquait l’influence des maîtres anciens dans son œuvre, parmi lesquels Hans Baldung Grien, Matthias Grünewald, Lucas Cranach, Albrecht Dürer et Hans Holbein.
Cette fois, le musée Unterlinden souhaite analyser la place qu’occupe dans l’œuvre d’Otto Dix le chef-d’œuvre de Grünewald, le retable d’Issenheim (1512-1516). Ce sont en l’occurrence l’influence sur la carrière de Dix des différents panneaux du célèbre retable et l’épisode de l’incarcération de l’artiste à Colmar (1945-1946) qui incitent le musée à mettre en regard ces deux maîtres incontournables de l’histoire de l’art allemand.
1. La redécouverte du retable d’Issenheim
En 1853, la Société Schongauer crée dans l’ancien couvent des Dominicaines de Colmar son musée Unterlinden autour du chef-d’œuvre de Grünewald, le retable d’Issenheim, saisi pendant la Révolution dans la commanderie des Antonins d’Issenheim. Dès lors, le public, parmi lequel de nombreux artistes (Goutzwiller, Corinth, Böcklin), critiques d’art (Teodor de Wyzewa), écrivains (Huysmans, Verhaeren) et historiens (Friedländer), est en mesure de découvrir cette œuvre maîtresse de l’histoire de l’art médiéval.
Dans le contexte de la montée du nationalisme et de l’annexion de l’Alsace à l’Empire allemand, Grünewald devient une source d’inspiration majeure pour les artistes germaniques du tournant du xxe siècle tels que Beckmann, Ernst, Heckel, Nolde, Wollheim ou Otto Dix. Dès ses débuts expressionnistes, avant la Première Guerre mondiale, Otto Dix s’inspire des motifs du retable d’Issenheim pour exécuter ses œuvres les plus dramatiques.
2. Dénonciation de la guerre et de ses conséquences
À l’issue du conflit, le retable d’Issenheim continue d’inspirer les artistes allemands. Otto Dix s’en empare, d’un point de vue tant formel que technique, pour exprimer l’horreur de la guerre (gravures de La Guerre, 1924 ; triptyque de La Guerre, 1929-1932) et de ses conséquences (triptyque de La Grande Ville, 1927-1928).
Peintre de la Nouvelle Objectivité, il dresse le portrait de la société décadente des années 1920. Sa représentation sans ménagement d’une humanité humiliée, de la misère, des soldats mutilés et des chairs déchiquetées lui vaut de violentes critiques de la part de ses contemporains.
3. L’émigration intérieure sur les bords du lac de Constance
Avec l






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